Le continent africain dispose de l’une des populations les plus jeunes au monde.Avec plus de 60% de la population africaine ayant moins de 30 ans, nous devons apprendre comment puiser dans ce vivier que ces jeunes peuvent offrir. Le développement de l’Afrique est donc étroitement lié au bien-être de ses jeunes. En 2010, 33% des 66 millions d’habitants que comptait la République Démocratique du Congo (RDC) se retrouvait dans la tranche des 10 à 24 ans. Le nombre de jeunes augmentera à 31,6 millions d’ici 2025 et 42,9 millions en 20501 . Cette population de jeunes en pleine croissance a un
énorme potentiel pour renforcer ou saper les objectifs nationaux dans les domaines de la gouvernance et du développement économique et social. De longues années de conflit ont entravé la capacité du gouvernement de la RDC (GRDC) à fournir des services sociaux. Beaucoup d’enfants sont morts, sont devenues combattants et/ou déplacés en raison de cette instabilité. Le premier ministre de la RDC a récemment qualifié ces enfants de « génération perdue »2 , car ils représentent la majeure partie de la main d’œuvre non qualifiées du pays et ils représentent la majorité des jeunes chômeurs. Les jeunes Congolais qui ont participé à l’évaluation YouthMap ont partagé leurs antécédents, leurs conditions actuelles et leurs plans pour l’avenir. Ce partage s’est porté non seulement sur leurs propres vies mais aussi leurs vues sur la meilleure façon de faire avancer la RDC. Les jeunes Congolais font preuve de beaucoup de détermination à relever leurs défis mais ils ont aussi démontré leur frustration à cause des multiples obstacles. Tout au long des entretiens de YouthMap avec les jeunes et une variété d’autres intervenants clés, des questions critiques ont émergé :
Enseignement : Le système d’enseignement et de formation en RDC laisse à désirer en ce moment : les jeunes sont mal instruits, en grande partie au chômage et peu outillés pour le monde du travail. Il y a plus de 7,3 millions d’enfants non-scolarisés âgés de 5 à 17 ans, avec plus de la moitié des filles dans cette population . L’accès et la qualité de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel et la formation technique sont faibles. Parmi les obstacles à un enseignement de qualité figurent la distance, la pauvreté, les enseignants mal formés, l’environnement scolaire non propice à ’apprentissage, la discrimination sexuelle contre les filles et le niveau
insuffisant d’instruction des chefs de ménage. Le GRDC, particulièrement le Ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel, fait des efforts concertés pour la révision de ce secteur avec l’appui de donateurs et de partenaires techniques. Emploi : Il y a une déconnexion entre les capacités des jeunes et les exigences des employeurs. Beaucoup de jeunes n’ont ou ne reconnaissent pas la valeur des compétences que recherche le secteur privé. Souvent mal formés et manquant généralement les compétences nécessaires pour soutenir la concurrence sur le marché de l’emploi, les jeunes trouvent peu de possibilités pour gagner un salaire décent. Le taux de chômage officiel est à hauteur 32,2%, quasiment deux fois la moyenne nationale (17,8%) dans l’économie formelle. Toutefois, l’ampleur réelle du sous-emploi et du chômage des jeunes n’est pas connue.